La coalition NO G7 poursuit son travail d’organisation d’un contre-sommet large et déterminé, à la hauteur de la situation internationale inédite et dramatique que nous vivons actuellement. Mais elle fait face à de nombreux vents contraires l’empêchant de créer les conditions nécessaires à la bonne réalisation de ces ambitions : un village militant et une belle mobilisation large et pacifique.
Après des mois d’attente, la coalition NO G7 a enfin pu rencontrer Carole-Anne Kast ainsi que la direction juridique de son Département et la police, la seconde rencontre depuis le dépôt de la demande d’autorisation de manifester en décembre. La coalition est venue avec une proposition concrète modifiant sa proposition initiale de parcours, afin de rassurer les autorités mais aussi et surtout la population face à une panique orchestrée par le grand patronat et attisée par les médias. Le tracé de manifestation proposé entend s’éloigner des rues commerçantes qui font polémiques et passer par des rues larges, permettant le meilleur encadrement possible: le tour du lac, partant de la rive droite pour se rendre jusqu’à la rive gauche en passant par le pont du Mont-Blanc – soit le U lacustre.
La coalition est consternée de devoir céder face au jeu dangereux d’agitation de la peur mis en place par la droite, qui fait le lit d’une partie des partis bourgeois, qui eux ne masquent plus leur objectif: restreindre le droit de manifester. Pour cela, ils sont prêts à user de tous les subterfuges possibles pour déclencher une véritable paranoïa collective. Néanmoins, la coalition NO G7 trouve son compte dans le nouveau parcours proposé et a aujourd’hui besoin au plus vite d’obtenir l’autorisation pour cette manifestation.
Pour rappel, la CEDH a épinglé et condamné 3 fois les autorités genevoises ces 5 dernières années pour leurs mauvaises pratiques en termes de droit de manifester. L’un des éléments du droit de manifester est le libre choix du parcours. Si les autorités persistent à tenter d’imposer un parcours sur la rive droite, invisible et impossible à sécuriser (par exemple par le passage dans de petites ruelles), sans tenir compte de la concession proposée par la coalition, elles porteront les responsabilités du résultat. De son côté, la coalition refuser d’être invisibilisée et muselée.
Face à des autorités qui jouent la montre et se renvoient la balle, la coalition a décidé d’aller de l’avant en entament une mise en demeure de Kast et son département pour obtenir des réponses concrètes et rapides. Face à la montée du fascisme partout dans le monde, et aux attaques gravissimes du PLR au Grand Conseil, qui veut interdire toute forme de contestation durant 10 jours, nos droits fondamentaux doivent être garantis, notamment celui de se rencontrer et de manifester, soit l’essence même d’une vraie démocratie.
Nous demandons également à la Ville de Genève de donner suite dans les prochaines heures à nos demandes réitérée concernant la tenue d’un village militant dans un parc du centre-ville.
L’urgence de la situation internationale avec guerres et génocide lancés ou soutenus par les puissances impérialistes et capitalistes du G7 exige une réponse forte dans la rue. Et c’est là que nous irons.
Mais avant la manifestation, la coalition No G7 organise des rencontres militantes contre le G7 et son monde vendredi 12 juin au soir et samedi 13 juin toute la journée avec des tables rondes et des conférences qui s’articule en 4 axes : un axe sur les luttes anti-impérialistes, anticoloniales et antiracistes, contre le militarisme, les guerres et génocides, pour un autre multilatéralisme basé sur la solidarité peuples à peuples ; un deuxième sur les luttes féministes et queers, axé sur la lutte contre la terreur masculiniste, sur l’outil de la grève pour nos luttes et sur les maternités politiques ; un axe sur les luttes écologistes et anticapitalistes, contre la guerre et l’extractivisme en RDC et au Soudan qui profitent aux traders et aux capitalistes ici, contre les destructions écologiques et les grands projets inutiles et destructeurs, et pour une transformation éco-sociale du monde du travail ; enfin, un dernier axe sur les luttes antifascistes, contre la criminalisation de l’antifascisme, sur les luttes étudiantes contre les paniques morales de l’extrême-droite et sur les stratégies des médias militants pour gagner la bataille culturelle contre les fascistes.
Nous aurons la chance d’avoir comme intervenant-e-x-s notamment Rachel Kéké, Irene, Fiona Ben Chekroun, Jonathan Ruff, Mélissa Blais, Francis Dupuis-Déri, Mathieu Rigouste, Nury Martinez, Shalmali Guttal, Meriam Mastour, Inès El-Shick, Mathilde Blézat, Eric Toussaint, Raphaël Pradeau, Jane Léonie Bellay, Samy Manga, Milady Renoir, Stéphanie Lamy, Marine Dessarzin, Antoine Dubiau ainsi que des camarades entre autres de Ragekit, de Sudfa, de Génération Lumières, du mouvement contre l’A412 et No TAV, et des Soulèvements de la Terre.
