À laisser traîner dans la cuisine pour que ta maman ou tes colocs aient enfin la ref de tes longues tirades anti-impérialistes.

Le G7 – ou groupe des sept – c’est la réunion (les gens qui veulent se donner un style disent aussi le «sommet») de sept des pays les plus influents économiquement dans le monde. Actuellement, il est composé de la France, l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, le Canada et l’Italie. L’Union européenne en fait aussi plus ou moins partie. Avant, la Russie était dedans aussi (on parlait de G8, mais après l’annexion de la Crimée en 2014, sa participation a été suspendue). Le premier G7 a eu lieu dans les années 70, et un nouveau sommet a lieu chaque année, à un endroit différent. Cette année, ce sera à Évian, du 15 au juin 20261.
Ok, mais qu’est-ce qui se passe à ce sommet alors ?
On imagine qu’il y a sûrement un super buffet caviar à gogo, des parties de golf à suspense et des sessions où tout le monde se montre ses meilleures photos de vacances à l’île de Little St-James. Mais en dehors de ça, c’est un des espaces-clés ou les personnes les plus influentes de la planète se réunissent, font ami-ami et prennent des décisions sur la marche du monde. Ils se coordonnent sur des thématiques liées à l’économie ou à la guerre, par exemple. En gros : c’est un Club méga VIP lors duquel se décident les priorités mondiales et se coordonnent les positions collectives de ces pays qui dominent le globe.
Bien entendu, vu l’importance de ce moment, l’ordre du jour est décidé démocratiquement par touxtes les habitantexs des pays concernés, et des assemblées citoyennes déterminent les prises de positions que les leaders doivent adopter, ou les accords que ceux-ci sont en droit de signer, et sous quelles conditions. Ah non, oups ! Pas du tout. On a dû se tromper de sommet. Il n’y a bien sûr aucune consultation « démocratique » pré-G7. C’est un entre-soi de personnes super-riches et puissantes, qui décident derrière des portes fermées de notre présent et de notre futur, ainsi que de celui de milliards de personnes dans tous les pays du monde, particulièrement ceux affectés par la guerre, le réchauffement climatique ou d’autres crises, qui subissent les plus grosses conséquences de décisions prises sans avoir voix au chapitre.
Le G7/G8 a aussi un historique important de contestations, organisés en manifs, mouvements populaires et contre-sommets. Citons celui de Seattle en 1999, de Gênes en 2001, d’Évian en 2003 (avec des manifestations massives à Genève et Lausanne), ou plus récemment celui d’Hambourg en 2017. L’époque n’est plus la même, mais la séquence ne s’est pas complètement refermé. C’est dans cette lignée que se tient le NOG7, du 13 au 17 juin : une grande manifestation, plein d’évènements, de discussions et de table-rondes pour contester la tenue de cette réunion et remettre en question sa légitimité.
Cette année, un des axes principaux sera la lutte pour la libération de la Palestine. Tous les acteurs présents au G7 sont complices du génocide : soit en vendant directement des armes à l’armée israélienne, soit en lui fournissant des fonds, du pétrole ou simplement en refusant de condamner publiquement Israël et son génocide en cours. D’autres thématiques seront sur le devant de la scène : le féminisme, par exemple, parce que plusieurs pays présents s’attaquent aux droits des femmes et des personnes queer, surtout des personnes trans. Criminalisation de l’avortement (USA), freinage de l’accès aux soins médicaux ou aux transitions (USA, Royaume-Uni, notamment), interdictions d’adoption conjointe pour les couples homosexuels (Italie), … etc. On parlera aussi d’extractivisme, ce mode d’organisation – pur produit du capitalisme et du colonialisme – par lequel les entreprises (ou les États) peuvent piller les ressources de pays du Sud global, en exploitant la population locale et en l’exposant souvent à des conditions de travail ou de vie hyper dangereuses, pour se fournir notamment en métaux rares (comme le lithium, utilisé dans nos smartphones et ordis par exemple), et se faire un maximum d’argent sur le dos de personnes pauvres et faciles à ignorer.
On espère que ça t’éclaire un peu sur ce que c’est le G7, sur les raisons de la tenue de ce contre-sommet qui dénonce les atrocités commises souvent impunément par ses membres, et qui exige qu’on soit touxtes invitées à décider de notre présent et de nos futurs.
- Ça devait être le 14, mais Trump organise des combats de MMA à la maison blanche pour son anni, alors ils ont dû décaler (ce n’est pas une blague). ↩︎
