
L’agriculture et les règles internationales qui régissent notre alimentation n’échappent pas aux politiques et aux décisions qui seront prises lors du sommet du G7 à Evian. Or le système porté par les représentant·es de ces pays est capitaliste, impérialiste et néofasciste et n’est pas compatible avec une agriculture paysanne1. Il est en déclin, et dans sa volonté de maintenir le pouvoir économique transnational, devient de plus en plus violent et brutal.
Le 17 avril dernier, le MAPC s’est associé à la Via Campesina pour la Journée internationale des luttes paysannes. Parmi les messages portés cette année, notre mouvement affirme : « La réforme agraire est essentielle pour des sociétés justes, favorisant la démocratisation de la terre, la souveraineté alimentaire et remettant en cause l’extrême concentration de la propriété foncière à l’échelle mondiale. L’héritage de celleux qui nous ont précédé·es constitue la base d’une lutte qui ne peut s’arrêter, car la violence, le néocolonialisme et l’agrobusiness continuent d’avancer, militarisant les communautés rurales et autochtones, restreignant l’accès à la terre et attaquant nos modes de vie et notre organisation collective. »
Lors de cette journée, le MAPC a également dénoncé la complicité de la Suisse vis-à-vis du système alimentaire promulgué par le G7, qui passe par le développement de l’agro-industrie, associé aux logiques néocoloniales et impérialistes. En effet, rappelons que la Suisse fait partie des trois pays réalisant les plus grands investissements dans les terres agricoles entre les années 2000 et 2020. Ainsi, la Suisse a investi dans près de 6,6 millions d’hectares de terre, soit 3,6 millions d’ha en Afrique, 2,9 millions d’ha en Europe de l’Est et Russie et 0,1 millions d’ha en Amérique latine, en se plaçant juste derrière les 8,1 millions d’ha rachetés par la Chine et les 7,7 millions d’ha rachetés par les USA. Ces achats de terres en grande quantité s’apparentent à du néocolonialisme économique. Il s’inscrit dans un mouvement général d’accaparement des terres et de globalisation foncière. En d’autres termes, la propriété foncière se concentre en très peu de mains et empêche l’accès à la terre aux communautés locales.

Cette concentration des terres constitue la base de la logique du système alimentaire
agro-industriel. On assiste de fait à une uniformisation des paysages, une augmentation de la taille des fermes et de la taille des parcelles. Ce phénomène favorise l’usage de machines pour cultiver la terre et le modèle de production intensive. Or ce système exerce une pression excessive sur le sol, outil de travail des paysan·nes. Mais pas que ! Le sol constitue non seulement la base de la production de notre alimentation, mais représente également un habitat pour la biodiversité, un lieu de stockage pour l’eau et de captage de carbone. Le sol est une ressource précieuse dont il faut prendre soin !
En bref, la Suisse est complice dans un système de plus en plus violent pour les droits
du vivant et qui détruit la terre. D’ailleurs, en matière de droits, rappelons que la Suisse a une responsabilité quant à son système démocratique et au droit de manifester. En n’intervenant pas quant à la potentielle décision du Canton de Genève d’interdire la manifestation NOG7 du 14 juin 2026, elle montre encore une fois sa complicité face à ce système destructeur.
Ne nous laissons pas faire et montrons que la résistance s’organise, dans la ville et dans les champs :
- Pour la souveraineté alimentaire !
- Pour la facilitation de l’accès à la terre, en particulier les terres publiques !
- Pour un accès à des prix rémunérateurs pour les producteur·ices et la sortie de l’agriculture des accords de libre-échange !
- Pour la conservation des savoirs paysans !
- Pour la solidarité internationale et l’autodétermination des peuples !
Le 14 juin, rejoignez-nous dans le bloc paysan et faisons front ensemble contre le capitalisme, l’impérialisme et le fascisme !
- L’Agriculture paysanne permet à un maximum de paysan·nes réparti·es sur tout le territoire de vivre décemment de leur métier, en produisant sur une exploitation à taille humaine une alimentation saine et de qualité, accessibles à tou·tes, sans remettre en cause les ressources naturelles de demain. ↩︎
