3 raisons de demander les démissions de Mme Kast et de M. Jornot

La coalition No-G7 souhaite tout d’abord revenir sur les nombreux aspects positifs du week-end et de la vaste manifestation du 14 juin 2026. Contrairement à ce qu’affirme la vulgate, les revendications et thèmes de mobilisation n’ont pas été éclipsés par les frictions avec la police, mais par les choix de cadrage opérés par certains médias.
La coalition déplore à nouveau que la couverture médiatique se soit focalisée sur ces rares escarmouches, occultant la réalité d’un cortège aux revendications combatives. Ce sont pourtant plusieurs dizaines d’organisations et plus de 60’000 personnes engagées et déterminées qui ont défilé dimanche.

Le 13 juin, nos tables rondes ont totalisé près de 2’200 participantexs, au terme du décompte officiel. La gazette No-G7 (numéro unique) a été distribuée à 9’000 exemplaires! Elle a abordé des thèmes d’intérêt général comme la quatrième vague féministe, les réformes nécessaires de l’agriculture, l’IA et la guerre au Soudan. Il faut enfin saluer le travail exceptionnel de notre cantine autogérée qui a distribué pas moins de 1’700 repas et 1’200 sandwichs durant le week-end.

S’agissant des graves dérives sécuritaires constatées dimanche, la coalition condamne les très nombreux tirs de gaz lacrymogène, notamment sur la partie du cortège réservée aux familles et aux enfants. De même, la coalition fustige le nassage scandaleux de 549 personnes mis en place durant près de 10h.

Trois autres éléments doivent attirer l’attention du public et expliquent pourquoi la coalition s’associe désormais à de nombreux organisations pour demander sans détour la démission de la conseillère d’Etat Mme Carole-Anne Kast (PS) et du procureur général M. Olivier Jornot (PLR):

1) Les circonstances de la fin de manif’ :
Peu avant 19h, alors que la tête du cortège était sur l’Avenue de France, l’officier de liaison a averti les organisatrices que la manifestation pourrait terminer sa route au parc Mon Repos à l’exception de la partie du cortège (plus de la moitié en vérité) alors située sur l’avenue Giuseppe-Motta. L’officier a expliqué que cette dernière serait ainsi « disloquée », selon ses propres termes. En réalité, cela faisait déjà plus d’une demi-heure que l’arrière de la manifestation subissait des tirs nourris de gaz lacrymogène et de flashballs. La police s’était beaucoup rapprochée du cortège, obligeant ce dernier à accélérer le rythme jusqu’au parc afin d’éviter une nasse. À l’évidence, cette idée de séparer l’arrière du cortège de l’avant visait à procéder à des arrestations. Cette tactique a envenimé les choses. Malgré cela, la partie arrière de la manif a finalement pu rejoindre l’avant de la mobilisation au parc Mon Repos aux alentours de 19h30. Un peu plus d’une heure plus tard, la nasse se refermait…
Preuve de la volonté d’encercler largement et de manière indifférenciée tout ce qui pouvait s’y trouver, la nasse mise en place par la police, telle qu’évaluée par nos soins, couvrait une surface d’environ 10 hectares, soit l’équivalent de 14 terrains de football. Cela démontre que la police entendait procéder à des interpellations très larges, indépendamment des motifs invoqués et des personnes présentes.

2) Les discours annulés
En conséquence, les discours finaux de No-G7 n’ont pas pu avoir lieu. Il s’agit d’une nouvelle et ultime entrave à notre liberté d’expression qui s’inscrit dans la lignée des multiples censures dont s’est rendu coupable le gouvernement cantonal et Mme Carole-Anne Kast. Le point d’orgue de cette stratégie de censure a été, le 21 mai dernier, l’interdiction par le Conseil d’Etat de notre village militant et de notre camping sur tout domaine municipal.

3) L’affaire des Pâquis
La coalition No-G7 adresse sa solidarité pleine et entière avec le manifestant de 28 ans dont la vidéo du tabassage par la police le 14 juin à minuit à l’angle de la rue Amat et de la rue des Buis enflamme à juste titre les réseaux sociaux [1]. Cette « ratonnade légalisée » est ignoble et intolérable. En agissant de la sorte, la police démontre qu’elle se sait au-dessus des lois et qu’elle peut agir en tout impunité. Plus tôt dans la journée, une autre vidéo diffusée sur les réseaux montrait un manifestant se faire molester par une unité de police alémanique qui l’a brutalement baillonné avant de lui confisquer son keffieh palestinien [2]. No-G7 l’accompagnera pour le récupérer à l’Hôtel de police la semaine prochaine.

La coalition NoG7 appelle la population à témoigner largement au sujet des abus policiers qu’elle a pu observer, filmer, photographier. Les témoignages et les documents peuvent être adressés à l’adresse nog7-temoignages@riseup.net .

Enfin, la coalition NoG7 condamne fermement les propos tenus par Mme Kast sur Léman bleu avant-hier (16 juin). Contrairement à ses affirmations, les portes-paroles tiennent la même ligne dans les médias et restent uni·es s’agissant de l’analyse de la manifestation et des violations constatées. Contrairement aux affirmations de Mme Kast, la représentante de la Grève féministe Françoise Nyffeler tient à rectifier les propos qu’on lui impute: ce qu’elle condamne, ce sont les politiques mortifères et génocidaires des dirigeants du G7. Ce sont ces violences structurelles qui alimentent la colère légitime des manifestant·es face à des symboles matériels.

Un autre communiqué suivra à l’occasion de l’ouverture de la Fête de la musique.

Coalition No-G7